Comment reconstituer un matelas alluvial dans la traversée de la plaine du Forez ? Etude lancée.

Le périmètre du SAGE LRA inclut 135 km du fleuve Loire. Cette section du fleuve se caractérise notamment par la présence de deux grand barrages : Grangent, principalement destiné à la production hydroélectrique, et Villerest, pour la gestion des crues et le soutien d’étiage. 

Ces retenues perturbent le transport des sédiments par le cours d’eau, provoquant notamment leur piégeage amont au niveau de Grangent. Associé à une extraction massive de matériaux dans le lit mineur de la Loire (5 millions de m3 entre 1955 et 1980), ce déficit sédimentaire participe à un phénomène marqué d’incision du lit du fleuve (2 m d’enfoncement en 120 ans).Ce phénomène a notamment engendré :

  • la disparition du matelas alluvial et donc de la faune benthique, ainsi que des zones de fraies, notamment pour les grands migrateurs (alose, lamproies – espèces dont la migration est bloquée par les barrages de Roanne et de Villerest) ;
  • le rabattement de la nappe alluviale entraînant la modification des cortèges végétaux terrestres, en particulier mise en place de boisements de bois durs et la réduction de la diversité d’habitat;
  • une érosion régressive des lits de certains affluents en plaine, notamment sur la Mare, le Lignon, le Vizézy ou la Loise;
  • la fragilité des ouvrages d’art et le colmatage des puits de captage pour l’eau potable ou l’irrigation agricole;
  • la déconnexion du lit du fleuve avec les annexes hydrauliques.

L’objectif de l’étude de préfiguration portée par l’EPLoire, dans le cadre de la mise en oeuvre du SAGE LRA , vise à déterminer la ou les meilleures solutions techniques pour reconstituer une protection des marnes contre l’érosion, en remobilisant de manière prioritaire les matériaux présents sur les berges et les bancs du fleuve.

Plusieurs aménagements seront ainsi étudiés pour chacun des deux sites pilotes qui seront retenus pour cette expérimentation lors de la phase 1 de l’étude, dont possiblement la mise en place d’une butée aval pour un rechargement naturel par l’érosion latérale (voir schéma ci-dessus).